# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ CRISE AU CAUCASE (III): RETOUR AUX FONDEMENTS GÉOPOLITIQUES. LE NAGORNO-KARABAKH CIMETIÈRE DU RAPPROCHEMENT ENTRE MOSCOU ET ANKARA

LM.GEOPOL - III-2020-1264 crise au caucase III (2020 10 17) FR (1)

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2020 10 17/
(Série III/2020-1264

« La relation russo-turque mise à rude épreuve dans le Caucase (…) Les combats qui opposent les forces azerbaïdjanaises et arméniennes ont ravivé la lutte de pouvoir que se livrent la Russie et la Turquie sur plusieurs théâtres d’opérations. C’est une relation contre nature mais qui jusqu’à présent a surmonté toutes ses contradictions géopolitiques. Le réveil du conflit gelé au Haut-Karabakh sera-t-il le cimetière de l’alliance entre la Turquie de Recep Tayyip Erdogan et la Russie de Vladimir Poutine? Au cours de l’histoire, les empires ottoman et russe se sont livrés de nombreuses guerres pour la domination du Moyen-Orient, l’accès aux mers chaudes, le contrôle des Balkans ou du Caucase. En 2015, Moscou et Ankara ont à nouveau frôlé la guerre quand un bombardier russe a été abattu par l’aviation turque dans l’espace aérien syrien. Depuis, les deux puissances se sont retrouvées en porte-à-faux sur plusieurs théâtres d’opérations. En Syrie, où Vladimir Poutine soutient Bachar el-Assad quand Recep Tayyip Erdogan aide les groupes rebelles islamistes. En Libye, où Moscou s’est rangé derrière le général Haftar, l’homme fort de l’Est et du Sud, tandis qu’Ankara épaule Fayez al-Sarraj, le chef du Gouvernement d’union nationale basé à Tripoli … »
- Isabelle Lasserre, Le Figaro (ce 11 octobre).

Entre le rapprochement russo-turc, il y a un fossé, celui des fondements géopolitiques, qui séparent Moscou et Ankara. Pas seulement les conflits du passé, car en géopolitique le passé n’est pas un déterminisme absolu. Mais surtout le futur, car tout oppose les projets géopolitiques opposés de poutine et d’Erdogan : le Néoeurasisme vs le Néoottomanisme mâtiné de Pantouranisme (1) (2) …

* Cfr. LE SOI-DISANT ‘RAPPROCHEMENT RUSSO-TURC’(II) : COMMENT LES PROJETS GEOPOLITIQUES NEOEURASISTE RUSSE ET TURC (INTEGRATION DANS L’UE OU PANTOURANISME) SONT ANTAGONISTES !?
http://www.lucmichel.net/2017/11/08/luc-michels-geopolitical-daily-le-soi-disant-rapprochement-russo-turcii-comment-les-projets-geopolitiques-neoeurasiste-russe-et-turc-integration-dans-lue-ou/

LE SCENARIO USA/OTAN/ISRAËL COMMENCE A AVOIR DU PLOMB DANS L’AILE…

Voilà le Sultan englué dans sa cinquième guerre pour le compte de l’Axe USA-Israël et qui appelle à la rescousse ? Alors que l’Iran et la Russie affirment désormais, et d’une voix bien forte, que le corridor de trafic de terroristes djihadistes qu’Ankara a établi entre Idlib et la Libye d’une part et le Haut-Karabakh de l’autre, ils ne s’y conformeront à aucun prix et qu’ils en tiendront pour le responsable direct la Turquie d’Erdogan. Voilà que les officiers US viennent de débarquer à Bakou. C’est que près de 20 jours après le début du conflit, déclenché à l’incitation des turcs, d’Israël et de l’OTAN, le mécanisme se grippe totalement, le vecteur « turc » s’étant trouvé de facto neutralisé par une Russie qui brandi la perspective d’un déploiement militaire. Ceci étant dès le début, cette guerre, tout comme la guerre en Libye, ne devrait pas avoir de gagnant, l’objectif étant de créer des bases US/OTAN aux portes de l’Iran et de la Turquie.

L’OBJECTIF ETANT DE CREER DES BASES US/OTAN AUX PORTES DE L’IRAN ET DE LA TURQUIE

D’où cette information relayée par Al-Masdar News, selon laquelle les Américains viennent d’envoyer des armes, des équipements et des dizaines de militaires en Azerbaïdjan en provenance de l’Afghanistan. « Ainsi un avion de transport militaire An-124 a atterri le jeudi 15 octobre à l’aéroport de Bakou depuis la base aérienne militaire américaine de Bagram en Afghanistan que les USA prétendent avoir évacuée et ce, en plus des armements ». Outre les Américains, il y a aussi d’autres forces de l’OTAN qui pourraient livrer des armes et des troupes en Azerbaïdjan, cherchant ainsi à faire un remake de la guerre libyenne qui s’est soldée, rappelons-le, par l’implantation des bases de l’OTAN aux portes des pays pro Axe de la Résistance de l’Afrique du Nord à savoir l’Algérie et la Tunisie.

Al-Masdar ajoute que « Pour le moment, en raison de la loi martiale spéciale introduite sur le territoire de toute la région, il n’a pas été possible d’obtenir des informations sur les objectifs US ni sur l’arrivée d’un avion de transport militaire lourd à Bakou, cependant, les experts n’excluent pas l’ouverture des camps d’entraînement des terroristes, comme ceux qui existent en Syrie ou en Libye et de les placer sous le commandement des instructeurs américains. Au fait l’avion de transport lourd-124-100 de la compagnie aérienne Antonov avait décollé de la base aérienne de Bagram que les USA prétendent avoir quitté pour de bon mais qui sert à vrai dire de lieu de transit depuis l’Afghanistan vers le Caucase ».

Mais ce scénario à maintes fois joué et rejoué par les Américains et dont le succès, vu les cas syrien, irakien et libyen reste fort limité, ne risque-t-il pas de produire l’effet inverse? Mercredi Poutine a très clairement mis en garde Erdogan contre la présence des terroristes au Caucase à peine quelques heures après l’annonce d’un déploiement militaire russe au Haut-Karabakh. Après tout la Russie, même si agacée par les dérives occidentalistes du président arménien Pashinyan ne permettrait pas l’émergence d’une base permanente US/OTAN près de l’Arménie.

Mais il y a aussi l’Iran qui, pour malgré avoir affiché un clair soutien au peuple azerbaïdjanais, rappelle que l’alliance Bakou-Tel-Aviv ne passerait pas à Téhéran. Trois jours après avoir abattu un drone de fabrication israélienne Harop dans son nord ouest, l’Iran suit de près les évolutions sur le terrain des combats. Téhéran s’intéresse par exemple « à ces missiles israéliens de Bakou qui connaissent le même sort que les drones israéliens de l’arsenal azerbaïdjanais : des images en provenance du front de combat mettent en scène non seulement des drones israéliens parfaitement non performants mais aussi des missiles qui ratent leur cible avec une marge d’erreur de dizaines de mètres. C’est le cas du LORA, cet engin de quelques millions de dollars qu’Israël a livré à Bakou en échange du pétrole et qui a raté sa cible à Stepanakert. Ou encore de cet autre engin dont les photos inondent la toile et qu’un système de guerre électronique arménien a intercepté avant d’abattre (…)« Selon des sources d’information basées en Arménie, un missile israélien à longue portée a été abattu par un système de guerre électronique arménien extrêmement puissant. Compte tenu du fait que le guidage est effectué par GPS, il est évident que ce sont les équipements de guerre électronique qui ont réussi à « abattre » le missile israélien à longue portée. Les photographies montrent que le missile israélien qui a été lancée depuis l’Azerbaïdjan a raté sa cible à plusieurs centaines de mètres et il a été abattu alors qu’il avait été endommagé. Étant donné que l’ogive n’a pas fonctionné, il est logique de supposer que le système de guerre électronique supprimait non seulement le signal GPS, mais aussi le remplissage électronique du missile ».

BAKOU/EREVAN: LA MAIN D’ISRAËL ?
DRONES SUICIDES ISRAELIENS A BAKOU, ISRAËL POUSSE A LA GUERRE

En République d’Azerbaïdjan, il y a de plus en plus de voxi qui exigent que cette arnaque appelée « armements performants israéliens » prenne fin et que Bakou se tourne le dos à Israël. Mais il y a plus, la population azérie tolère très mal que des djihadistes anti-chiites viennent servir en Azerbaïdjan sous le drapeau azéri, et déguisé en soldats azerbaïdjanais.

Guerre Arménie-Azerbaïdjan: un coup fourré d’Israël contre la Russie ?

Des drones israéliens sont impliqués dans le conflit Arménie-Azerbaïdjan: la Russie passera-t-elle à l’acte pour les contrer ? Une chose est sûre : Tel-Aviv tente, de concert avec les USA, de mettre les bâtons dans les roues de la Russie, d’embraser le flanc sud russe et ce, de concert avec l’OTAN, ne serait-ce que pour compromettre la désormais présence russe au Levant. La raison? La Russie refuse de voir dans ses liens avec Israël autre chose qu’un frein aux sursaut d’une entité belliciste.

Durant les quatre jours de conflits sporadiques dans les régions frontalières, la majorité des attaques de l’armée azerbaïdjanaise contre les positions arméniennes ont été menées par des drones et des missiles anti-blindés israéliens, selon des sources arméniennes. Pour une Arménie qui s’apprêtait à ouvrir une ambassade d’Israël à Erevan, c’est un avertissement.

LA RUSSIE PRISE DE COURT ?

« Le conflit qui a éclaté la semaine dernière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est étroitement lié aux activités d’Israël », dit d’ailleurs le ministre arménien des Affaires étrangères.

La tension entre ces deux voisins du Caucase remonte aux premières années après l’effondrement de l’Union soviétique, les deux réclamant leur propre souveraineté sur la région du Karabakh. Il n’empêche que rien n’indiquait l’imminence d’une telle escalade et que celle-ci a presque surpris tout le monde au point de pousser certains analystes – dont je fais partie – à y voir un troisième front anti-russe ouvert par l’OTAN et les USA, déjà en pleine activité contre Moscou en Syrie et en Libye.

De façon traditionnelle, l’Arménie est tout au long de ces années, soutenue par la Russie tandis que l’Azerbaïdjan bénéficie du soutien turc, bien que ni Moscou ni Ankara ne soient jamais intervenu directement, laissant les deux pays régler leurs problèmes via le dialogue. La Russie compte deux bases militaires, Erebuni dans le centre et Gymuri dans le nord-ouest de l’Arménie, membres de l’OTSC (la contre-OTAN) et ses Mig-29 déployés dans ces bases ont la mission de protéger la sécurité aérienne d’Erevan voire tout l’espace aérien arménien. Mais Moscou n’est jamais intervenu directement dans le conflit du Karabakh pour ne pas blesser la République d’Azerbaïdjan à laquelle elle a d’ailleurs vendu ces dernières années, un nombre considérable d’armements sophistiqués dont les systèmes de défense aérienne S-300 et Buk-M2.

Cette nouvelle flambée de violence s’est assortie de menaces d’attaques azéries contre les installations vitales de l’Arménie, dont sa centrale nucléaire. Et c’est là que le rôle d’Israël a été porté au grand jour, Erevan s’étant réveillé soudain. « Les armes israéliennes sont utilisées contre la population civile du pays, ce qui impliquera évidemment certaines mesures. La question est qu’Israël vend à l’Azerbaïdjan des armes meurtrières que l’Azerbaïdjan peut facilement les utiliser contre les infrastructures civiles et la population », a ainsi lancé à la presse l’attachée de presse du ministère arménien des Affaires étrangères Anna Naghdalyan. L’armée azerbaïdjanaise s’est dotée, ces dernières années, de plusieurs modèles de drones d’espionnage et d’attaque dont des Sky Striker, Harop et Harpy, ainsi que des missiles anti-blindés de la série Spike. Numériquement parlant son armée compte 10 fois plus d’effectifs que l’armée arménienne ( 200.000 soldats contre 26.000), alors qu’elle dispose d’une armée de l’air assez importante. Certes, l’entretien téléphonique du ministre russe des Affaires étrangères avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais, sur fond d’un appel pressant en faveur d’une désescalade, s’est soldé effectivement par une pause et une trêve. Mais de là à dire que la guerre est finie, c’est un pas que de nombreux analystes ne franchissent pas. Pour les stratèges de l’axe USA-OTAN-Israël, il est grand temps que la Russie se sente menacée son propre territoire, au Caucase par exemple, ne serait-ce que pour lâcher prise en Libye, en Syrie voire en Afghanistan.

MAIS L’IMPLICATION ISRAELIENNE DANS CE CONFLIT ET SA SYNERGIE AVEC ANKARA, NE RISQUE-T-ELLE PAS DE LUI COUTER CHER ?

Au cours de la première semaine du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, l’armée arménienne a réussi à abattre au moins 15 drones, dont la grande majorité sont israéliens. Parmi les drones israéliens abattus, il y a deux Sky Striker, un Orbiter 3 et un Hermes 900, signe que la DCA russe est bien active et au contraire des assertions de l’armée israélienne concernant la Syrie, elle est bien précise et bien puissante. L’armée arménienne est équipée de missiles Iskander et de chasseurs Su-30 russes, soit des armements que la Russie possède en Syrie et, que par considérations pour Israël, elle s’est refusée d’employer. Certains milieux évoquent les mesures que l’Arménie adoptera contre Israël dans les prochains jours et n’excluent pas que la Russie vienne au secours de l’Arménie. Après tout Erevan a envoyé ses forces spéciales en Syrie appuyer les Arméniens syriens d’Alep.

La grande surprise pour Israël pourrait être « russe » et elle pourrait non pas venir de l’Arménie mais bien de la Syrie …

NOTES ET RENVOIS :

(1) Contrairemant à ce qu’avancent les eurasistes russes de droite, le Pantouranisme n’est pas une « version turque de l’Eurasisme », mais un projet géopolitique opposé, celui d’un empire turc en Asie centrale et au Caucase qui empêcherait par son existence même toute unification eurasiatique.
Le combat d’Enver Pacha perdu contre les bolchéviques au début des Années ’20, qui entendaient restaurer de facto l’empire russe (selon la vision de Staline qui annonce déjà la « Troisième Rome nationale-bolchévique » de la fin des Années 20) s’inscrit dans l’opposition fondamentale entre les deux projets géopolitiques. Les rêveries ésotériques et mystiques orientales, dont les eurasistes russes de droite ont encombré la géopolitique néoeurasiste, celle de Thiriart, expliquent cette incompréhension fondamentale du Pantouranisme.

(2) Aux sources du Pantouranisme (ou « Panturquisme ») : l’échec des « Jeunes Turcs » d’Enver Pacha et la défaite de l’Empire ottoman en 1918 …
Il est Membre du Comité Union et Progrès (CUP), aussi appelé Mouvement Jeune-Turc. Ce mouvement, qui naît et se développe dans les écoles supérieures militaires de Constantinople, prône le retour à la constitution ottomane de 1876 abolie par le sultan Abdulhamid II et critique la politique servile de ce dernier à l’égard des occidentaux. En 1908 éclate la révolution jeune-turque à Salonique et Enver devient très rapidement un des leaders du mouvement qui parvient à renverser le sultan et installer la seconde ère constitutionnelle de l’Empire Ottoman. Très proche de l’Allemagne où il a étudié et où il retourne très régulièrement, il est l’un des artisans du rapprochement germano-ottoman et de la réforme de l’armée turque sur le modèle allemand.
Devant la défaite des jeunes-turcs aux élections de 1912 au profit de l’Union Libérale et encouragé par le discrédit du nouveau gouvernement à la suite de la crise des Balkans, Enver décide de prendre le pouvoir par la force. Il prend violemment d’assaut la Sublime Porte, le siège du gouvernement turc, et installe un triumvirat dont il fait partie à la tête de l’Empire. Il est de fait le seul maître du pays, n’accorde que très peu d’intérêt au Parlement et exécute ses opposants politique. Auréolé de ses victoires en Tripolitaine (guerre Italie-Empire ottoman) et en Bulgarie (guerres balkaniques), juste avant la première guerre mondiale, lié politiquement à une Allemagne qu’il admire (c’est l’époque des grands projets géopolitiques de l’Allemagne de Guillaume II au Proche-Orient), Enver choisit naturellement l’alliance des puissances centrales lorsque le premier conflit mondiale éclate.
A la fin de la guerre, poursuivi pour le génocide arménien, Enver prend la fuite en l’Allemagne puis en Asie Centrale où il essaie de faire renaître son rêve de toujours : le Panturquisme (ou Pantouranisme). Il récupère un Courant politique visant à la réunion de tous les peuples finno-ougriens et turcophones, dont l’inventeur est Ziya Gögalp (1875-1924), un intellectuel turc à l’origine d’une doctrine, le « pantouranisme », qui prône le regroupement au sein d’une entité politique commune de tous les individus de race et langue turques qui vivent « du Bosphore au Baïkal ». En s’appuyant sur les turcophones d’Asie Centrale il tente d’établir un Turkestan indépendant en s’alliant avec l’URSS contre des rebelles locaux, puis en se retournant contre les soviétiques. Il meurt le 4 août 1922 dans une bataille contre l’Armée Rouge dans l’actuel Tadjikistan, après quelques succès militaires. En 1996 sa dépouille est rapportée à Istanbul, où elle repose depuis.

(Sources : Farsi – Al-Masdar – Press TV – EODE Think Tank)

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE

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